Pour la première fois, des chercheurs de l’université de Stanford (États-Unis) ont pu fixer une caméra sur le dos d’un calmar de Humboldt. Stupéfiant.

Le calmar équipé d'une caméra se bat avec des congénères et "clignote" pour communiquer. ©Capture d'écran National GeographicLe calmar équipé d'une caméra se bat avec des congénères et "clignote" pour communiquer. ©Capture d'écran National Geographic
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TAILLE D'UN HOMME. Le calmar de Humboldt ou encornet géant (Dosidicus gigas) est bien connu des pêcheurs et plongeurs de la côte pacifique des Amériques, du Chili à l’Alaska. Cet animal, seul membre connu du genre Dosidicus, pullule à la limite des eaux continentales, et fréquente les eaux intermédiaires, de quelques mètres jusqu’à 2000 m de profondeur. De la taille d’un homme (1,5 à 1,8m, soit dix fois moins que le calmar géant Architheutis dux), il est fréquemment pêché par les chalutiers sud-américains et connu pour effrayer les plongeurs car il attaque toute source lumineuse.

Les chercheurs de la station marine Hopkins appartenant à l’université de Stanford ont eu l’idée de proposer aux techniciens de l’image de National Géographic de tenter de fixer une caméra sur le dos de ces calmars afin d’en connaître un peu plus sur leur mode de vie. Trois individus ont ainsi été appareillés pour une première mondiale grâce à une sorte de brassière en lycra découpée dans des combinaisons de plongée pour enfants et glissée autour du corps, laissant libre de tout mouvement les huit tentacules et les deux longues antennes spécifiques des céphalopodes. Un système de décrochage a permis ensuite de récupérer les caméras à la surface, laissant les calmars poursuivre leur chemin avec la brassière.

Le calmar équipé d'une caméra se bat avec des congénères et "clignote" pour communiquer. ©National Geographic

Brassière en lycra

Cette expérience réussie (voir la video ci-dessus) fait aujourd’hui l’objet d’une publication dans Journal of experimental biology. Ce qu’on y confirme, c’est que ces animaux sont capables de changer entièrement de couleur, passant en un clin d’œil du rouge au vert et inversement. Ces changements que les calmars peuvent accélérer ou ralentir ne s’opèrent qu’en présence de congénères, aussi les chercheurs estiment-ils qu’il s’agit d’un mode de communication. De quoi se parlent les calmars? Mystère, même si les questions de défis entre mâles et de reproduction tiennent la corde.

Les caméras ont également capté des "flashs" faisant alterner très rapidement le rouge et le vert. Ces éclats de lumière permettent de créer une illusion d’optique imitant la diffraction du rayonnement solaire dans l’eau. Les calmars de Humboldt sont donc incapables comme les pieuvres d’imiter la couleur de rochers ou d’algues, mais ils savent copier celle des reflets dans l’eau. Un camouflage bien utile quand on constitue un mets de choix pour les cachalots et phoques. National Geographic et l’université de Stanford ont d’ores et déjà annoncé que d’autres calmars seront bientôt appareillés pour en connaître plus sur la vie de ces animaux. National Geographic promet aussi qu’un système sera trouvé pour éviter que les "cobayes" ne gardent leur brassière.

 

 

 

http://www.sciencesetavenir.fr/nature-environnement/20150127.OBS0929/la-vie-devoilee-de-l-encornet-geant.html