Poitiers. La Faculté de médecine a inventé et breveté une machinerie unique au monde, le SimLife®, pour simuler des actes chirurgicaux.

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La vie après la mort n'est pas qu'une formule à la Faculté de médecine et de pharmacie de Poitiers. Le SimLife®, une plateforme de simulation chirurgicale permet de redonner vie à un cadavre. La machinerie (lire en savoir plus) est unique au monde. Jusqu'à présent, seuls les Américains étaient parvenus à redonner « vie » à un bras. Pas à un corps entier. Bon, c'est une image. Il s'agit d'une illusion de la vie sur « un modèle cadavérique humain revascularisé pulsatile et ventilé », comme on dit dans le jargon médical.

Trois jours pour réchauffer le corps de - 22° à plus 37°

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Pourtant, vendredi, dans une des salles de dissection du laboratoire d'anatomie destinée à présenter aux officiels le SimLife® (*), les entrailles et la peau du corps semblaient bien vivants.
« Oui, c'est vrai, on simule la vie, détaille Cyril Breque, maître de conférences en biomécanique à l'université de Poitiers et créateur du SimLife®. C'est du faux sang. Mais le cadavre, stocké à -22° redevient rosé à une température de 37° au bout de trois jours. Les organes ne sont pas secs et on a les mêmes odeurs que dans un bloc opératoire. Actuellement, tout le monde travaille sur la réalité augmentée, virtuelle. Ici, nous travaillons sur de vrais corps. »
Les spécialistes du prélèvement d'organes de Paris, les cardiologues et chirurgiens dédiés aux pathologies vasculaires et viscérales du CHU de Poitiers ont déjà testé. Et ils plébiscitent.
 « On peut faire réagir le corps en fonction de l'évolution de l'opération, il réagit comme un vrai, avec un jet de (faux) sang en cas d'erreurs ou un arrêt cardiaque. On peut aussi simuler un environnement stressant, comme une alarme incendie qui se déclenche ou une coupure d'électricité pour voir comment les chirurgiens réagissent au stress. »
Vendredi, un chef de clinique, un interne et un externe étaient occupés à prélever un rein : quatre heures d'opération. « Nous sommes vraiment dans l'environnement d'un bloc opératoire, confirme Pierre-Olivier Delpech, chef de clinique en urologie au CHU de Poitiers. On a tous les éléments pour créer du stress avec un corps à bonne température et une texture des tissus proche de la réalité. » Certains étudiants ont déjà craqué, tant la crainte de « perdre » le patient était réelle ! Sauf qu'il s'agit de l'un des 45 cadavres donnés, chaque année, pour la science à Poitiers.

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 (*) En présence notamment d'Yves Jean, président de l'université, Jean-Pierre Dewitte, directeur du CHU de Poitiers, Michel Jean-Pierre Richer, responsable du centre de simulation, Michel Laforcade, directeur général de l'Agence régionale de santé, Alain Claeys, député-maire de Poitiers…

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