Aller sur Mars en 6 semaines au lieu de... 9 mois !  C'est  ce que souhaite réaliser la Russie d'ici 2018. C'est génial, non ?  Oui c'est formidable, mais il y a un problème. Il s'agit d'un moteur nucléaire... Et vous vous demandez s'il contiendra des matières radioactives ? La réponse est : "Oui". Désolé

En ce moment, on dirait bien que nous sommes en train de vivre une nouvelle course spatiale. Cette fois, l’enjeu n’est plus de poser un homme sur la Lune, mais sur Mars.

Parmi les prétendants à la  planète Mars, nous avons :

  • La NASA qui se fixe 2030 comme objectif.
  • Elon Musk et SpaceX qui pensent y arriver d’ici 2025.
  • Et enfin, Mars One qui imagine y arriver d’ici 2026 ( et ils sont seuls à y croire).

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Chacun de ces projets utilise une fusée avec un moteur chimique qui, au mieux, nécessite un voyage aller de 9 mois. Pendant ce temps là, le voyageur cosmique s’ennuiera, sera irradié et mourra d’un cancer. Et même s’il parvient à enfin marcher sur la planète rouge, il sera le premier Martien à mourir vieux puisque le trajet retour est impossible sans une logistique de dingue pour fabriquer du carburant sur place.

Et si on emporte tout le carburant, la fusée est plus lourde et elle a donc besoin de plus de carburant pour générer une poussée suffisante. Sauf que ce carburant est lourd et qu’il faudra donc plus de carburant pour pousser l’ensemble… c’est sans fin. Une bonne solution serait donc d’avoir un moteur plus performant.

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La semaine dernière, Rosatom, la corporation nucléaire russe a annoncé qu’elle fabriquait un moteur nucléaire qui pourrait atteindre Mars en 45 jours et qui pourrait également ramener l’équipage sur Terre. La Russie envisage de tester un prototype à terre d’ici 2018 et de lancer un prototype avant 2025.

Pendant la guerre froide, les scientifiques soviétiques ont résolu de nombreux problèmes liés à la fabrication d’un moteur nucléaire. En 1967, ils ont commencé à lancer des satellites propulsés par fission nucléaire. Les américains avaient aussi leur propre programme, baptisé SNAP-10A en 1965. Mais ces systèmes à fission  étaient adaptés aux satellites orbitaux légers et non à des grosses fusées abritant des cosmonautes et leur nourriture.

Aujourd’hui, Rosatom n’a pas dévoilé les caractéristiques de son moteur à propulsion nucléaire. Mais il s’agit d’un moteur qui générera de la chaleur en éclatant des atomes. Cette chaleur sera utilisée pour brûler de l’hydrogène ou d’autres éléments chimiques.  le principe est très proche des moteurs chimiques, mais il est surtout plus léger. Et comme le vaisseau est léger, il peut aller beaucoup plus vite. Un vaisseau nucléaire à fission thermique aurait même assez de carburant pour freiner, aller en orbite martienne et revenir sur Terre. 

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Si la Fédération Russe parvient à réaliser ce projet et à rassembler les fonds nécessaires, ils ne seront pas stoppés par les traités internationaux qui ne s’appliquent qu’aux armes nucléaires. Comme je le disais en début d’article, un moteur nucléaire est toujours un problème.

Vous le savez, tout ce qu’on envoie dans l’espace ne finit pas toujours dans l’espace. Certains lancements échouent misérablement et, parfois, des objets en orbite retombent sur Terre. En 1978, un satellite soviétique à alimentation nucléaire est retombé au nord du Canada, et il a pollué une zone de 80 000 km² avec ses déchets nucléaires. 

mars erosion

Si la course à la planète Mars est effectivement lancée, je ne pense pas que l’utilisation d’un moteur à propulsion nucléaire soit un obstacle. Ici ce qui comptera, c’est d’arriver le premier et de prendre sa revanche sur les Américains. J’espère me tromper car aller sur Mars ne doit pas se faire à n’importe quel prix. J’espère vraiment que les agences spatiales ont conscience des risques qu’elles font prendre au monde entier.

http://fr.ubergizmo.com/2016/03/18/la-russie-veut-tester-un-moteur-nucleaire-pour-aller-sur-mars-en-45-jours.html?PageSpeed=noscript