Schneider Electric sort une batterie permettant aux particuliers de stocker leur production d'énergie renouvelable qui concurrence l'américain Tesla.

L'Ecoblade de Schneider Electric se compose de plusieurs batteries: leur nombre dépend de la puissance qu'on veut obtenir.

C'est la réponse du berger à la bergère. Sept mois après le lancement en grande pompe par l'américain Tesla d'une batterie permettant aux particuliers de stocker leur production d'énergie renouvelable, Schneider Electric lance la sienne en pleine COP21. «Nous avons des dizaines d'années d'expérience dans l'énergie. La batterie connectée Ecoblade était notre chaînon manquant: elle permet de stocker puis de relâcher l'énergie produite grâce au vent et au soleil», explique Barthold Veenendaal, directeur de l'activité stockage d'énergie. Le groupe s'intéresse lui aussi beaucoup à ce marché naissant de la démocratisation des énergies vertes et il a décidé de commercialiser une gamme complète, allant d'une solution domestique de 2 kilowattheures (kWh), correspondant à quatre heures de consommation moyenne d'un appartement, à un système d'un mégawattheure, qui peut alimenter un campus universitaire par exemple sur la même durée.

Prix dégressif

Schneider Electric vise donc à la fois le grand public, des propriétaires de bâtiments ou d'usines, voire de petits villages qui souhaitent s'affranchir du réseau. Le premier prix devra être inférieur à 1000 dollars pour le 2 kWh et, comme le prix est dégressif, il sera d'environ 35.000 dollars pour la version 100 kWh. Le Powerwall de Tesla est lui commercialisé à 3000 dollars pour sa variante 7 kWh et 3500 dollars pour la 10 kWh.

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Les différents gabarits d'Ecoblade sont tous composés d'un même élément: un disque fin de la taille d'un écran plat de 30 pouces et pesant moins de 15 kg et d'une puissance de 2 ou 5 kWh qui peuvent s'empiler comme des briques Lego pour augmenter la puissance. Il ressemble à un disque dur d'ordinateur ou plus précisément une unité de base d'un serveur pour le stockage de données («blade» en anglais) des data centers, dont l'équipe Schneider Electric de Boston, à l'origine du produit, s'est inspirée. Le groupe français est déjà un acteur important dans la fourniture d'équipements de centres de données (data centers) avec sa marque américaine APC, mais complète son offre avec Ecoblade.

Saft l'un des fournisseurs

«Nous allons proposer une offre abordable et complète dans nos réseaux habituels et sur Internet, mais elle comprendra toujours la batterie et l'installation qui doit être faite par un professionnel», poursuit Barthold Veenendaal. Schneider Electric réfléchit déjà à une offre enrichie par des équipements pour générer des énergies verte fournies par des partenaires. Le lancement est prévu fin 2016, d'abord aux États-Unis, sur les terres de son rival. Mais Ecoblade devrait rapidement être disponible sur d'autres marchés, comme l'Allemagne où les énergies renouvelables sont déjà relativement développées ou dans des zones non électrifiées, dans certaines régions d'Afrique par exemple.

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Ecoblade est aussi le fruit d'expériences menées récemment avec le français Saft, spécialiste des batteries industrielles, qui sera d'ailleurs l'un des fournisseurs. Comme Tesla qui fait fabriquer ses batteries par Panasonic, Schneider Electric ne prévoit pas de concevoir la batterie lithium-ion d'Ecoblade. Il assemblera en revanche les éléments dans l'un puis plusieurs de ses 200 sites de production. Peut-être même dans l'une de ses quarante usines en France.

http://www.lefigaro.fr/societes/2015/12/05/20005-20151205ARTFIG00011-schneider-electric-s-attaque-a-tesla.php