Des camions plus sobres et plus silencieux.

Après l'automobile, le poids lourd se convertit à la propulsion hybride. Le principe est le même : récupérer l'énergie cinétique gaspillée au freinage et à la décélération pour la réutiliser au démarrage et à l'accélération. Généralement, cette énergie est transformée en électricité par un moteur-alternateur placé entre le bloc moteur et la boîte de vitesse. Elle est stockée dans des batteries, puis utilisée pour accompagner l'effort du bloc propulseur. Un véritable ordinateur pilote le tout, décidant quand recharger la batterie ou solliciter le moteur électrique.

Si la plupart des constructeurs de poids lourds ont opté pour le mode hybride électrique, certains explorent également d'autres pistes. Ainsi, MAN expérimente le camion hybride hydraulique. Très proche dans son principe du système "Hybrid'air" présenté récemment par PSA Peugeot Citroën et Bosch sur une berline Peugeot 208, ce système consiste à stocker l'énergie récupérée, sous forme d'azote comprimé dans un réservoir cylindrique. A la décélération et au freinage, un piston hydraulique comprime l'azote et, à l'accélération, l'électronique de commande fait s'inverser le flux. L'azote en se détendant repousse l'huile dans le moteur hydraulique qui vient ainsi assister le diesel. Simple comme une seringue ! Utilisant une technologie hydraulique largement éprouvée, ce système hybride se passe de coûteuses batteries et simplifie la maintenance.

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Une chaîne cinématique hybride a d'autant plus sa place sur un poids lourdque, du fait de sa masse, un camion utilise plus d'énergie qu'une voiture au démarrage, et en récupère plus au freinage. Ainsi, l'économie de carburant en parcours urbain peut atteindre 15 % et, dans certaines conditions dépasser 20, voire 25 %. En outre, comme peuvent le constater les utilisateurs de voitures hybrides, l'économie ne porte pas que sur le carburant, mais aussi sur le coût d'entretien. Moins sollicités, le moteur thermique, l'embrayage, les freins et les pneus s'usent moins tandis que les composants électriques ne nécessitent que très peu d'interventions.

La propulsion hybride est particulièrement adaptée aux parcours urbains, livraison ou collecte, qui se caractérisent par une répétition de freinages et démarrages, accélérations et décélérations. A l'inverse, les camions affectés aux liaisons routières et autoroutières ont peu à gagner à s'y convertir. C'est pourquoi les camions hybrides sont essentiellement des porteurs de 12 à 26 tonnes, affectés à la collecte des ordures ménagères et à la desserte des commerces de centre villes.

La motivation n'est pas seulement économique, mais également environnementale. Elle doit beaucoup au silence apporté par ce type de motorisation qui produit moins de bruits de freins et de moteur. La possibilité de parcourir deux à trois kilomètres en mode 100 % électrique dans les zones sensibles, à proximité des hôpitaux par exemple, ou dans les quartiers piétonniers et zones vertes interdites au trafic est un avantage sérieux. L'argument du silence porte d'autant plus que ces deux activités – collecte des ordures et approvisionnement des commerces – s'effectuent de plus en plus souvent de nuit ou très tôt le matin.

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