Cette partie de notre génome contient les instructions qui commandent la forme du visage d'un individu.

Qu'on soit beau ou qu'on soit laid, tout est de la faute de notre ADN "poubelle" !
C'est en effet dans les portions de notre génome ne faisant pas l'objet de synthèse protéique que se nicheraient les instructions déterminant la forme des visages.

98 % de notre génome

Publié dans l'hebdomadaire Science par Axel Visel, du laboratoire national Lawrence Berkeley (États-Unis) et son équipe, le travail réhabilite toutes ces portions de notre génome dont on a longtemps cru qu'elles ne servaient à rien et qui ont péjorativement été dénommées "ADN poubelle" et ce, en dépit du fait qu'elles occupent près de 98 % de notre génome. Une erreur aujourd'hui visible comme le nez au milieu de la figure.

Des changements dans la forme du crâne ou du faciès

Les chercheurs ont mis en évidence dans l'ADN "poubelle" de la souris plus de 4000 "amplificateurs génétiques" qui, lorsqu'ils sont désactivés, conduisent à des modifications fines mesurées par tomographie de la forme du crâne ou du faciès des souriceaux. Nul doute pour les chercheurs que des amplificateurs analogues sont présents dans l'ADN humain.

Il ne reste plus qu'à fouiller parmi les "détritus" de notre génome...

Le généticien américano-japonais Susumo Ohno inventa, en 1972, le terme « Junk DNA », que l’on traduit en français par « ADN poubelle ». Il s’agit des régions de l’ADN qui ne codent pas directement pour la fabrication des protéines. Cet ADN représente 98,5 % de la totalité de nos chromosomes. Il a fallu attendre 2005 pour réaliser qu’Ohno s’était trompé : ce prétendu ADN poubelle n’est pas inutile.

Jusqu’à l’an 2000 et l’arrivée des séquenceurs ADN modernes, les généticiens ne savaient séquencer que de minuscules segments de chromosomes. Ils ne s’intéressaient qu’aux gènes et négligeaient le reste des séquences ADN. Le raisonnement était circulaire : en ne séquençant pas l’ADN poubelle, on ne risquait pas de lui découvrir un rôle.

Pourtant, cet ADN a un rôle crucial dans la définition de nos caractéristiques physiques, médicales et intellectuelles. Le programme international Encode a montré que plusieurs millions de séquences régulatrices des gènes, véritables « interrupteurs génétiques », sont situés dans l’AD...