Des chercheurs ont démontré l’utilisation d’un système de chiffrement quantique qui pourrait être intégré au sein d’un circuit informatique classique pour créer une solution presque impénétrable. Leur papier, publié dans la revue Nature Communication, montre l’implémentation d’un transfert équivoque au sein d’un système quantique.Échanger une information entre deux parties qui ne se font pas confiance

Le transfert équivoque est une primitive cryptographique importante, car elle est le point de départ de la création de systèmes de chiffrement distribués complets qui peuvent être bâtis sans aucune autre primitive.

Son fonctionnement repose sur un envoyeur qui dispose de plusieurs informations à transmettre à un destinataire. Ce dernier choisit l’information qu’il désire connaître de telle façon qu’il n’a pas accès aux autres informations. De son côté, l’envoyeur ne sait pas quelle information a été lue et déchiffrée.

Il existe plusieurs types de transfert équivoque, mais celui mis en place par les chercheurs de l’université nationale de Singapour et l’université de Waterloo est nommé 1–2, parce que l’envoyeur transmet deux messages et le destinataire en choisit un. Un exemple simpliste serait un serveur hébergeant une base de données confidentielle où chaque élément est payant. En utilisant un transfert équivoque 1–2, le serveur envoie deux éléments de la base de données, l’utilisateur paye pour en voir un seul et une personne ayant accès au serveur ne pourra pas connaître l’élément accédé par l’utilisateur.

Ce système peut être étendu pour créer un système 1-n ou n est un nombre important de données envoyées. Un tel système permettrait par exemple de cacher le hash de la base de données contenant le mot de passe de l’utilisateur, puisque le serveur ne sait pas quel élément a été lu lorsque l’utilisateur a demandé son mot de passe.

Le transfert équivoque quantique accroît la sécurité

Les Singapouriens et Canadiens ont réussi à créer un système de transfert équivoque 1–2, mais au lieu deux bits, le système envoie deux informations sous la forme deux paire de photons intriqués. Pourquoi ? Parce qu’un tel système quantique à une durée de vie très courte en mémoire et qu’il est aujourd’hui impossible à déchiffrer par une attaque de l’homme du milieu. Cela accroît donc considérablement la solidité du système.

Dans son communiqué, l’université de Waterloo donne l’exemple d’un retrait d’argent sur un distributeur de billets, mais au lieu de rentrer son code à la main, un utilisateur utiliserait son téléphone pour recevoir le transfert équivoque quantique. Il serait donc possible de vérifier le numéro de compte et le code secret sans que la banque elle-même sache où ses données se trouvent dans sa base de données. Le serveur ne ferait qu’envoyer plusieurs informations dont certaines d’entre elles seraient vérifiées secrètement par le téléphone. La démonstration faite par les universitaires a permis un transfert équivoque quantique de 1 366 bits et la procédure a pris en tout 3 minutes.