En mélangeant du sperme avec des nanotubes métalliques, des chercheurs canadiens ont fabriqué les premiers spermatozoïdes cyborgs. Ces minuscules robots flagellés pourraient être utilisés pour traiter certaines formes d’infertilité et délivrer des médicaments dans des endroits très précis de l’organisme.

Les microtechnologies progressent de jour en jour et ouvrent de nouvelles perspectives dans de nombreux domaines, notamment en médecine. Plusieurs équipes de recherche travaillent avec ardeur pour mettre au point des robots microscopiques capables de circuler dans l’organisme pour participer au traitement de certaines maladies. Cependant, les tentatives réalisées pour le moment n’ont pas été fructueuses.

spermatozoide

Des chercheurs de l’Institute for Integrative Nanosciences à Dresden (Allemagne) se sont penchés sur la question et ont développé une technologie originale et prometteuse. Au lieu de fabriquer des robots complètement artificiels, ils ont décidé de mettre à contribution la mobilité des spermatozoïdes. « Les gamètes mâles sont sans danger pour l’organisme et nagent rapidement, même dans des liquides visqueux, explique Oliver Schmidt, le directeur de l’étude. D’autre part, ils n’ont pas besoin qu’on leur fournisse d’énergie. » Leur invention est décrite dans la revue Advanced Materials.

Des spermatozoïdes robots livreurs de médicaments

Pour fabriquer ces spermatozoïdes cyborgs, appelés spermbots, les scientifiques ont tout d’abord construit des microtubes coniques de 50 micromètres de long et de 5 à 8 micromètres de diamètre, à partir de nanoparticules de fer et de titane. Ils les ont ensuite mélangés avec du sperme de taureau, permettant ainsi aux spermatozoïdes d’enfoncer leurs têtes dans les nanotubes tout en laissant libres leurs flagelles. Les nanotubes étant métalliques, les chercheurs ont pu contrôler le mouvement de ces biorobots à l’aide d’un champ magnétique. En d’autres termes, ils ont réussi à les télécommander.

sperm (4) Animated Gif on Giphy

Dans le futur, les auteurs aimeraient utiliser ces spermbots pour acheminer un médicament dans n’importe quelle partie du corps. Ils pourraient également les manipuler pour lutter contre certaines formes d’infertilité en facilitant leur déplacement vers l’ovule. « Ce type d’approche, qui combine la technologie et la biologie, pourrait conduire à la fabrication de microrobots plus efficaces que jamais », conclut Eric Diller, chercheur à l’université de Toronto (Canada).