Rendue accessible au plus grand nombre depuis quelques mois à peine, l’impression 3D connaît déjà des applications futuristes qui tenaient, récemment encore, de la pure science-fiction.

Il est de ces technologies qui ne cessent de faire rêver. En effet, il suffit d’ajouter à cette nouvelle technologie des mots comme robot et espace pour lui donner un aspect encore plus impressionnant et captivant.

La NASA vient en effet d’annoncer que sa division NIAC (NASA Innovative Advanced Concepts) a sélectionné l’entreprise Tethers Unlimited pour la récompense de 500 000$ de la phase II du contrat visant au développement de sa technologie SpiderFab pour la fabrication en orbite d’éléments de véhicules spatiaux.

L’architecture SpiderFab concentre plusieurs procédés incluant l’impression 3D additive (des couches successives de matériaux sont déposées les unes sur les autres afin de créer un objet en 3D fait de plastique, métal ou céramique) et l’assemblage robotique afin de créer des objets bien plus volumineux que ceux actuellement envoyés en orbite. Au menu : des mats de senseurs, des antennes de grandes tailles, des coques de vaisseaux ou encore des panneaux solaires. Car le problème demeure bien celui-là : envoyer dans l’espace des objets lourds et volumineux, dont la taille et le poids sont restreints par la charge utile des lanceurs (la capacité de transport des fusées).

Une solution économique

Actuellement, tous les objets envoyés en orbite sont construits au sol et sont conçus de sorte à être pliés, voir démontés afin de rentrer dans les coiffes des fusées. Une fois en orbite, ils y seront finalement déployés, augmentant ainsi les risques de mauvais fonctionnement ou de bris, mais aussi surtout les coûts reliés au transport et à la mise en fonction. Cette nouvelle technologie permettra donc d’envoyer dans l’espace des bobines de fibres ou des blocs de polymères dans une forme plus compacte à bord de fusées plus petites coûtant moins cher à lancer.

Le résultat est sans équivoque. La NASA annonce pouvoir être capable de construire à court termes des antennes ou des panneaux solaires de 10 à 100 fois plus grands que ceux actuellement utilisés. Ainsi, l’agence américaine pourra augmenter la bande passante, l’alimentation électrique, la résolution de ses photos ainsi que la sensibilité de ses appareils pour les futures missions spatiales.

spiderfab02

Dans l’effort nécessaire au passage de cette seconde phase, Tethers Unlimited devra donc développer et prouver qu’elle est capable de créer une solution fiable et efficace d’impression 3D pouvant fonctionner dans un environnement spatial. Leur première construction? Le Trusselator, un appareil capable de créer des structures en treillis comparables aux sections des grandes grues actuelles que l’on retrouve sur les chantiers de construction de nos villes modernes. Déjà utilisé dans l’espace, ce procédé pourra offrir pour des structures 30 fois plus légères, mais aussi résistantes que celles actuellement construites sur Terre.

Grâce à ce procédé, la NASA pourra ainsi concevoir des systèmes spécialement dédiés au travail en orbite qui ne seront pas dépendants de leurs restrictions terrestres, telles que la gravité ou l’espace nécessaire à leur conception. Une fois «imprimées», ces structures pourront alors être assemblées par des robots, dont les pièces de rechange pourront être manufacturées directement en orbite. Docteur Rob Hoyt, PDG de Tethers Unlimited, a d’ailleurs promis : «Une fois que nous aurons démontré que cela fonctionne, nous aurons déjà effectué un bon bout de chemin vers la création d’antennes et de télescopes grands comme des terrains de football pour nous aider dans notre recherche de planètes similaires à la Terre à l’extérieur de notre système solaire et de vie extra-terrestre.»

Une véritable révolution qui pourrait bien être un petit pas pour l’impression, mais un grand pas pour l’humanité!